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jeudi 19 mai 2016

Toute une vie pour apprendre

ill. Michio Watanabe, Les Fourmis Rouges

Oui, on peut chaque jour apprendre quelque chose. Et certains jours, ne rien apprendre du tout. Oui, on peut apprendre à tout âge, et même quand cela fait bien longtemps que l’on ne s’assoit plus sur le banc d’une école. Oui, on peut prendre plaisir à acquérir savoir et savoir-faire.
Toutes ces affirmations sont contenues dans Toute une vie pour apprendre, un album précieux pour encourager l'acquisition de nouvelles connaissances.

ill. Michio Watanabe, Les Fourmis Rouges
Tout au long de l’album, on suit un personnage qui  raconte ses activités quotidiennes.  Loin d’une énumération des premières fois, comme manger du riz avec des baguettes, Gabriele Rebagliati évoque la patience et le temps nécessaire à l’apprentissage.  Rien ne se fait en un clin d’œil ! Car apprendre c’est aussi s’entraîner, le « faire et refaire » qui peut lasser certains jeunes enfants. Le personnage prend des cours de piscine et, une fois rentré chez lui, il exerce son souffle dans la baignoire sous l’œil moqueur du poisson rouge. Autre exemple, pour apprendre l’anglais, il se laisse  bercer, chaque matin, par la musique de mots inconnus en petit-déjeunant devant la BBC. Et peu importe si il ne capte que des bribes de vocabulaire. Il faut de l’effort, de la constance pour réussir un objectif.


ill. Michio Watanabe, Les Fourmis Rouges

Les illustrations sont gaies, naïves et vivantes et les couleurs pétillent : du jaune, du vert, du bleu, du rose… On en prend plein les mirettes. Le cadrage des images est particulièrement réussi. Michio  Watanabe joue avec son personnage et nous donne à voir des plans décalés et amusants.  Le lecteur est au-dessus de la piscine, accroupi à côté de la baignoire, assis dans l’herbe, au niveau des roues de la bicyclette et a ainsi qu’une vue partielle du personnage. Ce n’est qu’à la toute dernière page qu'il se dévoile, lors d’une occasion spéciale….


Un livre à offrir aux enfants impatients, à ceux qui rechignent à recommencer, à ceux qui hésitent à se lancer dans un nouveau domaine d’activités et bien sûr, aux grands-mères !


Gabriele Rebagliati, Toute une vie pour apprendre, illustrations de Michio Watanabe, Les Fourmis Rouges, 2016

jeudi 21 avril 2016

Ma grande soeur et moi



Simona Ciraolo, Ma grande soeur et moi, Gallimard, 2016

Une fillette observe intrigué sa grande sœur : ce n’est plus la même, on lui a « changé » de grande sœur. Plongée dans les polaroïds de son enfance, clichés de sœurs complices, où la grande tient la main de sa petite sœur pour avancer dans la mer ou la réconforte d’un gros chagrin…, elle s’interroge sur les signes de ce changement. Mais depuis quand a-t-elle refusé ses invitations aux goûters improvisés avec les doudous, à la collecte des bonbons pour Halloween… ? La porte de sa chambre désormais close, la grande sœur est devenue secrète.
Simona Ciraolo, Ma grande soeur et moi, Gallimard, 2016
Simona Ciraolo, Ma grande soeur et moi, Gallimard, 2016
Voir grandir son aînée chamboule la cadette qui, en regardant les photos, est envahie par une vague de tristesse. Sa grande sœur lui manque terriblement. C’est alors que l’aînée fait son apparition et emporte sa jeune sœur dans une danse folle. Une nouvelle complicité voit le jour…

Ma grande sœur et moi est un album délicat qui évoque la distance qui peut naître dans une fratrie, entre des frères et sœurs d’âges éloignés. On reste toujours le plus petit ou le plus grand de quelqu’un et on se souvient toujours avec émotion des jeux avec ses frères et sœurs. Des liens à réinventer avec le temps qui passe.


mardi 22 mars 2016

Fonce, Petit Paul!

ill. Charlotte des Ligneris

C’est le  vent « chargé de printemps » qui pousse Petit Paul sur son vélo rouge. Il va chez son amie Mily Rose, pas longtemps avait-il promis avant de partir. Mais on sait bien que les promesses peuvent vite s’envoler, occupé à inventer toutes sortes de jeux entre amis, on oublie aisément le temps qui passe.

Sauf que Mily-Rose est absente. C’est embêtant car  petit Paul, qui n’aime pas attendre, a un cadeau pour elle : un foulard du bleu de ses yeux et du rose de son prénom. Alors Petit Paul décide de patienter, pas longtemps promet-il encore, en faisant des ricochets dans le lac à côté de la maison de son amie. Le foulard, qu’il avait posé non loin de lui sur un rocher, s’envole au-dessus de l’eau. Petit Paul enfourche son vélo et part à la poursuite de ce tissu coloré qui n’aura de cesse de se cacher d’un bout à l’autre de la campagne. 

ill. Charlotte des Ligneris

Fini l’ennui au bord du lac, Petit Paul fonce à toute allure sur son bolide, grimpe aux cimes d’un sapin, monte à bord d’un train, parcourt un tunnel sombre et effrayant, traverse à la nage la rivière… C’est un héros qui ne manque pas de courage, Petit Paul, pour arriver à récupérer le fameux cadeau.

Mais quand on le suit sur son chemin à la recherche de son trésor, on est le confident de ses doutes et on se rend compte que son courage n’est pas si  assuré. Et pour vaincre sa peur de ne pas y arriver, Petit Paul s’invente des pouvoirs qu’il n’a pas. « Il fait comme si » il était le roi de l’univers, un grand champion de natation, un coureur cycliste et un  public imaginaire l’acclame dans ses efforts.
Avec des si, on peut franchir bien des obstacles, surtout pour sa chère Mily-Rose.

Les illustrations de  Charlotte des Ligneris  sont éclatantes, la campagne resplendit et donne envie de courir les champs nez au vent et de foncez…

ill. Charlotte des Ligneris

Hubert Ben Kemoun, Fonce, Petit Paul !, illustrations de Charlotte des Ligneris, Nathan, 2016

mardi 2 février 2016

Une journée parfaite

C’est quoi pour vous une journée parfaite ? Un long dimanche d’été près d’une rivière à paresser dans l’herbe, une sortie dans la forêt à ramasser un bouquet de feuilles, peut-être, un nouveau livre à découvrir...

Dans Une journée parfaite, trois enfants et leur chat tigré égrènent leur moment de bonheur : un espace pour dessiner par terre avec des craies de toutes les couleurs, un atelier de pâtisserie, une soupe à mitonner pour de faux avec des herbes du jardin, un goûter improvisé sur la terrasse ou un fauteuil douillet où se lover et distribuer des caresses au chat.
ill Freya Blackwood

Une journée parfaite parle d’éveil et d’autonomie quant il s’agit de faire voler un cerf-volant ou de marcher en équilibre sur un muret. 

ill Freya Blackwood

Cet album met aussi en avant la complicité entre les enfants et les animaux : s’attarder avec les vaches dans un champ ou raconter des comptines au chat. 
Enfin, tout au long de l’album, une idée émerge : celle de prendre son temps, d’observer tout simplement. 
ill Freya Blackwood

Alors prenez le temps de lire, de dire et de contempler les images de cet album poétique. 
Car on le referme le sourire aux lèvres avec l’envie de dresser la liste de ces choses qui nous ravit. Un exercice  à réaliser avec les enfants qui auront, sans aucun doute, bien des idées sur les petits bonheurs du quotidien à réaliser.


Danny Parker,  Une journée parfaite, illustrations de Freya Blackwood, Grasset, 2015