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samedi 25 février 2017

L'Histoire de Miss Kitty


ill. Quentin Blake, Gallimard jeunesse, 2016
« Les mauvaises fréquentations corrompent les mauvaises manières. » Miss Kitty en a fait les frais.
Pour sa maîtresse, une vieille dame anglaise, Kitty est le meilleur du chat du monde. Pendant la journée, Kitty reste paresser à l’intérieur de la demeure ;  on l’imagine ronronner sur un coussin brodé. Mais à la nuit tombée, la chatte, passionnée par le braconnage, part mener des aventures hautement plus dangereuses. Sauf que vêtir un veston de chasse et enfiler des bottes fourrées, ne donne en rien l’adresse pour manier un fusil. Kitty échoue lamentablement à chasser le moindre gibier.


ill. Quentin Blake, Gallimard jeunesse, 2016

En poursuivant un lapin futé, miss Kitty tombe dans le piège de renard. Elle y perdra non seulement un orteil mais aussi toutes ses ambitions de dame chasseresse. Et c’est avec une élégance toute boitillante qu’elle recevra, désormais en guise de divertissements, des chattes respectables à prendre le thé.

ill. Quentin Blake, Gallimard jeunesse, 2016
Miss Kitty est une histoire inédite de Beatrix Potter dans laquelle on retrouve toute la malice et la fantaisie de cet auteur anglaise. Et la cerise sur le gâteau, si je puis me permettre cette expression pour qualifier le travail d’un illustrateur anobli par la Reine d’Angleterre, Miss Kitty est illustré par l’immense et génialissime Quentin Blake. Vivant, plein de finesse et drôle, son trait est unique. Dans Miss Kitty, il met en scène, avec l’humour qui le caractérise, les animaux et offre des tableaux et des pastilles, aux couleurs douces,  qui donnent au récit élan et délicatesse.

Beatrix Potter, L’Histoire de Miss Kitty, illustré par Quentin Blake, Gallimard jeunesse, 2016



lundi 28 novembre 2016

Eloïse et les autres



J'ai participé au Guide jeunesse de la librairie Durance à l'occasion des 10 ans du rayon. Mes coups de coeur ci-dessus racontent un peu de mon enfance (vive Eloïse) et de mes lectures quotidiennes avec mes enfants.
D'autres pages du guide sont à lire ici dans lesquelles auteurs, illustrateurs et libraires partagent leurs albums préférés.


jeudi 21 avril 2016

Ma grande soeur et moi



Simona Ciraolo, Ma grande soeur et moi, Gallimard, 2016

Une fillette observe intrigué sa grande sœur : ce n’est plus la même, on lui a « changé » de grande sœur. Plongée dans les polaroïds de son enfance, clichés de sœurs complices, où la grande tient la main de sa petite sœur pour avancer dans la mer ou la réconforte d’un gros chagrin…, elle s’interroge sur les signes de ce changement. Mais depuis quand a-t-elle refusé ses invitations aux goûters improvisés avec les doudous, à la collecte des bonbons pour Halloween… ? La porte de sa chambre désormais close, la grande sœur est devenue secrète.
Simona Ciraolo, Ma grande soeur et moi, Gallimard, 2016
Simona Ciraolo, Ma grande soeur et moi, Gallimard, 2016
Voir grandir son aînée chamboule la cadette qui, en regardant les photos, est envahie par une vague de tristesse. Sa grande sœur lui manque terriblement. C’est alors que l’aînée fait son apparition et emporte sa jeune sœur dans une danse folle. Une nouvelle complicité voit le jour…

Ma grande sœur et moi est un album délicat qui évoque la distance qui peut naître dans une fratrie, entre des frères et sœurs d’âges éloignés. On reste toujours le plus petit ou le plus grand de quelqu’un et on se souvient toujours avec émotion des jeux avec ses frères et sœurs. Des liens à réinventer avec le temps qui passe.


vendredi 13 novembre 2015

La Couverture de Jane

ill Sandrine Bonini, La Couverture de Jane, Gallimard

Quels objets  garder de sa petite enfance ? Les adultes se posent  parfois cette question. Et les enfants aussi !
Dans La Couverture de Jane, Arthur Miller raconte le refus d’une enfant à abandonner  sa petite couverture rose, douce et chaude, devenue un malheureux chiffon.
Bébé, Jane est rassurée par sa couverture : elle l’accompagne de son lit à son parc, dans ses moments d’éveil « elle l’a prenait dans ses mains, elle la roulait en boule, la serrait contre elle comme une poupée » comme dans ses longues heures de sommeil où « elle la glissait sous son visage ».

ill Sandrine Bonini, La Couverture de Jane, Gallimard

Puis Jane grandit. Elle devient de plus en plus autonome et entreprend, chaque jour, des tas de choses : se lever, courir, attraper un gâteau sur la table et même regarder par la fenêtre. Le soir, elle ne dort plus dans son berceau mais dans un lit de grande fille toujours  avec  « sa ture », sa couverture rose qu’elle a fini par appeler ainsi quand bébé, il lui était difficile de dire « couverture » correctement.
Plus tard, elle grandit encore jusqu’à glisser la main dans la poche de pantalon de son père et attraper ce qu’il y a à l’intérieur. Un matin, Jane s’aperçoit que sa couverture rose, usée et déchirée, n’est plus dans son lit, remplacée par une belle couverture jaune et douce. En pleurs, elle demande à sa mère de la lui rendre, malgré tout.

ill Sandrine Bonini, La Couverture de Jane, Gallimard

Avec sa couverture, Jane se rend compte combien elle a grandi. Pas assez pour laisser « sa ture » retourner dans le placard à chiffons. Mais est-ce vraiment la place d’une couverture tant chérie ?
Empreintes de douceur, les illustrations de Sandrine Bonini donnent vie, avec ses scénettes qui ponctuent le texte, à une enfant sensible et à une famille aimante que l’on aimerait croiser sur son chemin.  Une gorgée de miel en images.



Arthur Miller, La Couverture de Jane, illustré par Sandrine Bonini, Gallimard, 2015

mardi 17 mars 2015

Des enfants poètes et des animaux en poésie

Quand les enfants font de leur quotidien la plus tendre des poésies...
 
Cendrine Genin, J'ai vu, illustration de Rascal

Rose est une enfant contemplative. Elle énumère en peu de mots ce qu’elle aime. Les animaux tiennent le haut de sa liste : le chien noir qui court sur le chemin, le merle au sommet du sapin, le chaton qui joue à cache-cache, sous l’herbe haute, la poule rousse qui s’approche ou les petits pas discrets du hérisson. Rose leur dit qu’elle les aime. « Je t’aime chien noir, Je t’aime petit merle. Je t’aime chaton… »
Rose, elle aime aussi les fleurs rouges des champs ou le caillou tout chaud ramassé sur la plage. Elle aime également son doudou  et sa maison. Mais ceux qu’elle aime tout au fond son cœur, ce sont ses parents.
Je t’ai vu est une magnifique déclaration d’amour d’une enfant au monde qui l’entoure. Le texte joue sur la répétition du je t’aime. Des je t’aime à glisser dans les petites oreilles pour que se répandent autant de déclarations d’amour.

Cendrine Genin, J’aivu, ill. par Rascal, l’école des loisirs, 2014


Eric Chevillard, Les Théories de Suzie,
 illustration de Jean-François Martin

Suzie a réponse à tout. Et du haut de ses quatre ans, elle pose sur le monde un oeil candide et futé. Si elle se pose une question, Suzie n’attend pas l’explication rationnelle d’un plus grand. Si elle se pose une question, Suzie, elle elle invente une solution. Une réponse poétique qu’Eric Chevillard nous raconte dans ce catalogue des mystères résolus par Suzie.
Tout y passe : la faune, la flore, les questions d’astronomie ou de biologie.  Vous vous demandez pourquoi les enfants se décident à naître ? Ou pourquoi les Hommes font-ils la guerre ? Vous confondez le chameau et le dromadaire ? Pour quelles raisons les plumes de l’oie sont imperméables ? Autant de questions existentielles qui seraient dommages d’éluder par un « c’est comme ça »  ou un « j’en sais rien ». Lire les théories de Suzie, c’est écouter la parole franche des enfants, ces réservoirs à idées fabuleuses.
A lire avec les plus jeunes pour démasquer leurs grandes idées sur le monde.

Eric Chevillard, Les Théories de Suzie, ill. par Jean-François Martin, hélium, 2015



Et quand les animaux tissent des poèmes...


Olivier Douzou, Poèmes de terre,
 illustration de Anouk Ricard

Intriguant dès la couverture où une bande de vers de terre roses malabar croque une patate étonnée, Poèmes de terre est une déclinaison de petites pièces  autour du lombric. Formats courts dénonçant le ver de trop, comptines (divertissement) ou poésies versifiées, Olivier Douzou étonne ses lecteurs et charme avec cette variation sur un si petit sujet.
Jeux de mots en tout genre (calembour, rébus et palindrome), le ver se fait aussi linguiste. C’est inventif, amusant et décalé.  Inévitablement on regardera les vers de terre avec plus de lyrisme désormais.
Anouk Ricard, dont on reconnait les décors enfantins,  zoome sur la vie des vers de terre avec couleurs et fantaisie. Dessins, compositions photographiques, gouaches ou pâte à modeler, le ver de terre est mis en vedette. C’est ici la star du potager qui tortille allégrement dans ces pages poétiques. A lire au jardin avec l’arrivée des beaux jours.

Olivier Douzou, Poèmes de terre, ill. Anouk Ricard, Le Rouergue, 2012


La Parole aux animaux,
illustration de Sacha Poliakova

Un recueil de poésies sur les animaux qui reprend les classiques des cahiers d’écoliers avec Claude Roy, Robert Desnos ou Raymond Queneau. On passe du coq d’Aragon au chat de Cocteau, des Hiboux de Baudelaire au Boa d’Andrée Chedid.
Et on s’immerge dans les images délicates de Sacha Poliakova : les colombes quittant le beau palmier virevoltent dans l’air bleu,  le morne rhinocéros à la belle peau bigarrée ou le cuir irisée de l’alligator du Mississippi. Des couleurs qui appellent les caresses.
D’autres titres à collectionner pour les jeunes poètes : collection Enfance en Poésie.

La Parole aux animaux, illustré par Sacha Poliakova, Enfance en poésie, Gallimard jeunesse, 2015

lundi 12 janvier 2015

ours molaire


Aujourd’hui j’ai la langue qui fourche en lisant Ours molaire : les p deviennent des m, les b des n, les c des t…. Un sacré méli-mélo inventif et drôle.

Vincent Pianina a réalisé un joyeux inventaire à la Prévert : animaux, objets ou situations se découvrent au fil des pages et les légendes-titres qui accompagnent les illustrations sont à la fois absurdes, bizarres et loufoques, uniquement en modifiant une seule lettre des mots. L’ours polaire devient ours molaire avec l’animal installé en lotus dans le creux d’une dent flottant dans une mer glacée. Plus loin, une haleine bleue s’échappe d’une bouche entrouverte ou un mille-natte n’en finit pas d'assembler ses nattes….

On s’amuse de cette complicité que Pianina arrive à créer avec les mots et on se plaît à rêver à la fabrication d’une pondeuse à gazon ou d’un mont suspendu.


Vincent Pianina, Ours molaire, Gallimard, 2014

lundi 21 janvier 2013

Vive Emile!




C’est bien connu dans toute chose, seule la volonté compte.  Emile est un ingénieux petit gars qui sait trouver des idées et avancer des arguments pour tourner la situation à son avantage.
Emile veut un compagnon. Un chien ? Un chat ? Non Emile veut une chauve-souris. C’est comme ça et pas autrement ! Rien n’est impossible pour Emile. Vivre dans une grotte. Se cloîtrer dans le noir. Informé sur la vie de ces mammifères, il en sait bien plus que sa mère. L'occasion de rappeler aux plus jeunes qui croient tout savoir sur tout que l’omniscience ça n’existe pas.

A l’âge d’Emile on est fortiche. Plus doué que le célèbre petit sorcier anglais, Emile n’a pas besoin de cape d’invisibilité pour passer inaperçu. Emile a la conviction de disparaître quand bon lui semble. Un pouvoir qui lui permettra d’échapper aux endives aux jambons du dîner et de voler au passage un peu de mousse au chocolat. La chute de l’histoire est délicieuse et j’admire sa décontraction dans une situation si délicate. Pour ceux qui sont intimidés en compagnie de leur chéri(e), vous aurez peut-être envie de copier Emile pour détendre l’atmosphère.

Un matin, Emile décide de fêter son anniversaire. Sauf que ce n’est pas le jour. Pas résigné pour autant, il propose de changer la date et de célébrer un demi-anniversaire. Une idée à lui voler : fêtons nos demi-anniversaires ! Seul hic, une fête cela veut dire, et sa maman lui confirme, inviter des copains et partager avec eux ses jouets, ses bonbons et les boissons qui piquent. Moins drôle qu'il n'y pensait. Quoi que…

Ecrit par Vincent Cuvellier, qui a habité sur les bords de Loire et illustré par Ronan Badel, on se délecte au fil des albums (quatre à ce jour) de l’imagination si fertile d’Emile.

Emile par Vincent Cuvellier, illustré par Ronan Badel, édité chez Gallimard Jeunesse :  
Emile est invisible, avril 2012
Emile fait la fête, octobre 2012
Emile veut un plâtre, octobre 2012
A paraître en mars 2013 : Emile se déguise.

lundi 17 décembre 2012

Des livres sous le sapin



Pour descendre dans son jardin en toute saison

Un grand livre avec des gommettes à placer avant de parcourir ce très bel abécédaire qui cache des fleurs, des fruits, des insectes. On peut aussi suivre un chemin de couleurs avec son doigt comme une promenade au jardin et aller à la découverte des légumes ou des fleurs. Superbe et ludique.
Pittau et Gervais, Promenade au jardin, Gallimard jeunesse, novembre 2012, 22€







Pour « la princesse à papa » qui pense que toutes les filles sont royales

Une nouvelle aventure d’Olivia toujours aussi pleine de vie et en pleine crise d’identité ! « Toutes les filles veulent être des princesses, même certains garçons », remarque Olivia. Olivia prône la différence et réfléchit à ce qu’elle va bien pouvoir devenir. C’est toujours drôle et ça permet de rappeler aux filles qu’il n’y a pas que le rose dans la vie.
Ian Flaconer, Olivia,Reine des Princesses, Seuil jeunesse, octobre 2012,  15€




Pour les rêveurs, les sensibles et les amoureux de la nature (et ça marche aussi bien pour les filles que pour les garçons !)

Un album qui réunit huit aventures autour de l’amitié improbable d’un crapaud et d’un lapin. C’est délicat, poétique et ouvre la réflexion sur des sujets aussi divers que le partage, l’autorité, l’ennui… « S’il ne se passe rien, ce sera toujours la même chose ! C’est très ennuyeux toujours la  même chose !, s’inquiète Mentalo. Un album qui rassure et qui permet de parler de la Vie.
Delphine Bournay, Le Grand livre de Grignotin et Mentalo, L’école des loisirs, 2012, 17,50€




Pour les futurs explorateurs qui rêvent de parcourir le monde

Préparer son voyage en parcourant Cartes de Aleksandra Mizielinska et de Daniel Mizielinski. Une mine d’informations illustrées dans ce merveilleux album qui remet au goût du jour les Atlas. La géographie représentée par des centaines de dessins : Europe, Amérique du Nord, du Sud, Afrique, Asie, Océanie. Des heures de lecture passionnantes en perspective.

Aleksandra Mizielinska, ill. de Daniel Mizielinski, Cartes, Voyages parmi mille curiosités et merveilles du monde, Rue du Monde, 25€80





Cette année, j'aide le père-noël à faire ses paquets à la Librairie Durance. Venez m'y retrouver. Je suis à côté du cerf et derrière l'hibou (vitrine réalisée par Julia Wauters) tous les matins jusqu'au 24! A très bientôt...