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mardi 15 juillet 2014

Richard Marnier

Richard Marnier, Robots intergalactiques, Les Super Brikabraks, Le Rouergue, 2014

 Artiste plasticien, Richard Marnier a donné vie à une série de robots, sculptures de bois,  conçus à partir de petits objets familiers de cuisine ou d’outillages abandonnés dans un tiroir.  Les robots dénommés Les Super Brikabraks,  sont minutieusement présentés dans un catalogue,  chaque robot faisant l’objet d’une fiche détaillée associant croquis, photographie et présentation textuelle de leurs super pouvoirs mais aussi de leurs faiblesses.

On passe en revue les qualités de Super Calculator ventral, de Miss 2 FF ou de Monsieur Robeau et comme dans tout bon catalogue, on élit ses préférés. On loue les mérites d’un Voltard pour les jours de grande fatigue et on convoite l’ultra communicabilité du Fétiche à piston, sans doute très utile pour venir à bout des petites ou grosses fâcheries. 

Richard Marnier a souhaité construire avec des objets fragiles des machines indestructibles. C’est  de cette opposition qu’est né ce projet de sculptures et  plus largement, la volonté d’établir un rapport entre la toute puissance fictive et la vie réelle. Ou comment faire de l’incommensurable avec du commun.

Les géo trouve tout de 10 ans seront épatés par l’ingéniosité de ces sculptures spatiales et auront à cœur de réaliser leur propre robot de l’espace. Alors cet été, si les ronds de serviettes disparaissent de chez grand-mère ou que la boîte de perles de « petite sœur » se vide à vu d’œil, à mon avis, c’est qu’une armée de robots est entrain de se construire dans le plus grand secret.

Robots intergalactiques, Les Super Brikabraks, éditions du Rouergue, 2014

Exposition des robots à la très petite librairie de Clisson jusqu’au mois d’août, à Emmaüs de Nantes en septembre et aux Utopiales du 29 octobre au 3 novembre 2014.

Bibliographie sélective :
Avec Aude Maurel,
Les Indiens ne disent rien, Frimousse, 2009
Un très bel album qui prône le pacifisme et l’amour de son prochain.

Est-ce la lune, Les P’tits Bérets, 2013
Album poétique et graphique à partir du dessin de la lune qui croît et décroît.

A paraître :
Avec Aude Maurel, aux éditions Frimousse :
Je t’entends
Laissez-moi passer !
La lumière allumée

Avec Gaëtan Dorémus aux éditions du Rouergue,
Le Miel des trois compères

Plus d’infos sur le travail de Richard Manier, son site :www.richard-marnier.fr

lundi 31 mars 2014

Eric Pessan




Elliot a quinze ans. Depuis la séparation de ses parents, il ne voit plus aussi souvent son père. Le juge l’a décidé ainsi et sa mère a gagné dans cette guerre que peut être le divorce. Cette nuit, il  part seul observer le ciel, en cachette. Une fugue de 22h à 5 h du matin durant laquelle il s’abandonnera à l’oubli et aux souvenirs d’enfance. Les fugues nocturnes d’Elliott ne passeront pas inaperçues. Il  se fera prendre. Prétexte à faire voir et à dire son malaise, lui qui passe son temps à se taire. Une histoire émouvante pour évoquer la douleur et l’incompréhension d’un divorce vu du côté de l’adolescent.  Grandir c’est laisser partir son proche passé et faire naître d’autres relations, comme cette amitié complice avec une copine-voisine de collège avec laquelle il écrira des mots désillusionnés. Des mots « perdus » -« pas mal de certitudes et d’idées toutes faires, le son de la voix de mes grands-parents …, une belle façon de réaliser et d’accepter  la fin de l’enfance.



Entretien avec un auteur qui écrit depuis l’âge de 6 ans, dès l’apprentissage de l’écriture en CP, et qui avoue s’être jeter avec enthousiasme dans l’écriture, sans relâche depuis la publication en 2001 de son premier roman L’Effacement du monde…



Comment est née cette histoire Et des lumières dansaient dans le ciel ?

A la suite d’une conversation avec Gérard Azoulay, le directeur de l’Observatoire de l’Espace, cellule culturelle du Centre National d’Etudes Spatiales. Je participe depuis des années au comité de rédaction de la revue Espace(s) qui publie des textes et autres expressions artistiques en relation avec l’Espace et les activités spatiales. Gérard Azoulay m’a parlé du GEIPAN (Groupe d’Etude sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés) et j’ai immédiatement pensé qu’adolescent j’aurais adoré voir une soucoupe volante. J’avais déjà l’idée d’un adolescent n’arrivant plus à communiquer avec ses parents. Alors les deux idées se sont télescopées et  j’ai imaginé un adolescent voyant une chose incroyable sans qu’il puisse en parler. Se taire devenait encore plus douloureux pour lui.


Justement pourquoi Elliott est-il si taiseux ?

Elliott est pris en otage entre ses parents. Il aime chacun d’entre eux mais il ne sait comment agir. Il assiste impuissant à la guerre que se livrent son père et sa mère. La moindre confidence de l’un peut devenir une arme pour l’autre. Il est vraiment coincé dans un conflit qui ne le regarde pas. Ce qui arrive souvent lorsque des parents se séparent dans la violence, l’enfant en paie le prix fort. Elliot se tait. Il a raconté être sorti regarder les étoiles avec son père et sa mère en a fait un argument pour tenter de prouver l’irresponsabilité de son ex-mari. Il ne peut plus que se taire, il n’a pas le choix. Et son silence renforce sa rancœur : Elliot en veut autant à son père d’être parti qu’à sa mère d’être restée.


Que recherche Elliot en observant les étoiles ?

A travers les étoiles, Elliot procède peut-être à un retour vers son passé, le temps où il pouvait aller les observer en toute quiétude, ce temps de partage d’avant l’abandon de son père. Dans le livre, il est écrit : « J’ai lu que toute les particules de l’univers sont nées au moment du big bang, cela veut dire que l’hydrogène qui brûle au cœur du soleil est cousin du carbone dont je suis composé. C’est peut-être une famille que je cherche dans le ciel. Mais ça, qui va le comprendre ? »

La lumière des étoiles peut mettre des millions d’années avant de nous parvenir, regarder les étoiles, c’est  aussi contempler le passé.


Quel est le message de l’affichage des mots "perdus" ?

Le personnage de Julie est déjà présent dans mon premier roman jeunesse, Plus haut que les oiseaux. Eliott vit dans le même immeuble que Thomas, le narrateur des oiseaux et surtout Elliott est en classe avec la sœur de Thomas : Julie. Ce personnage était trop peu présent dans le premier roman, je sentais que je ne l’avais pas assez mise en avant, elle était mystérieuse et mes lecteurs me parlaient souvent d’elle. Julie est à l’origine de l’écriture de ces affichettes. Elle a des sortes de pouvoirs, elle devine les gens, elle exprime les choses pour eux. Ses mots sont en lien direct avec l’histoire d’Elliot. Ils expriment à la fois le passé perdu et l’espoir d’un nouvel avenir.


Et les lumières dansaient dans le ciel, L’école des loisirs, 2014

Plus haut que les oiseaux, L’école des loisirs, 2012

A déguster en ligne, : ses réflexions décalées et légères  sur le travail d’écrivain

 : Parfois je dessine dans mon carnet :



A paraître à L’école des loisirs :

Un  roman  jeunesse qui se déroule au pied de ce même immeuble des Oiseaux et des Lumières, une histoire d’amitié et de fuite, 1er trimestre 2015

Une pièce de théâtre pour les adolescents qui met en scène des jeunes gens désirant devenir invisible dans une société où le moindre geste est observé et analysé,  2e trimestre 2015

mardi 10 décembre 2013

Coline Pierré




ill. José Parrondo, Apprendre à ronronner, l'école des loisirs, 2013



Coline Pierré vient de publier à l’école des loisirs son premier roman jeunesse. Portrait d’une jeune auteur qui fait " ronronner les mots"…

Albin, huit ans, « deux dents en moins, une paire de lunettes bleues et des cheveux noirs ébouriffés » vient de déménager à la campagne avec ses parents. Pas facile de quitter son quotidien, ses copains et s’adapter à un nouvel environnement. Ses parents, modèles de patience et d’éducation libre que  tous enfants rêveraient d’avoir, lui offrent pour son anniversaire un chat, animal convoité depuis des lustres. Un chat car ils estiment que leur fils est « assez grand » pour s’en occuper. Albin va s’apercevoir en observant Panda (son chat) que les félins détiennent un privilège qui permet non seulement de consoler les chagrins amis également de lier connaissance. 

ill. José Parrondo, Apprendre à ronronner, l'école des loisirs, 2013
Si Apprendre à ronronner raconte avec humour et fantaisie les expériences d’un enfant de huit ans, il aborde aussi, en douceur, la difficulté d’une séparation, les conséquences du décès  d’un être proche et les interrogations et les remarques sur la vie d’un garçon qui grandit. Il dit aussi que peu importe la quête : apprendre à ronronner, apprendre à miauler, apprendre à vivre comme un chat… Seule la démonstration est à retenir. Apprendre par soi-même et avec les encouragements de sa famille.

Coline Pierré partage avec son héros, ses trois choses préférées au monde,  à savoir le chocolat, les livres et l’automne ; elle aime aussi, sans ordre défini pour ne blesser personne, manger, écrire et son amoureux.  
Avant Apprendre à ronronner, elle a écrit des débuts de romans qu’elle a choisi de semer pour finalement poursuivre cette aventure d’une affection particulière entre Albin et son chat. Dans ce roman, elle avoue y avoir décrit des personnages idéaux : forcément les parents d’Albin ce ne sont pas des parents que l’on croise dans la vie de tous les jours.. Cette mère « qui se pose des questions plutôt que d’affirmer des choses », encourage son fils à percer le mystère des chats.
De l’écriture vient les idées et Coline Pierré en promène dans son sac et dans sa tête. A l’automne prochain, elle devrait publier toujours à l’école des loisirs un récit sur la vie d’un immeuble souffrant de vertige.  Un récit inspiré de Nantes et d’ailleurs.


A lire : Coline Pierré, Apprendre à ronronner, ill. José Parrondo, l'école des loisirs, 2013


mardi 23 octobre 2012

Martin Page



La Bataille contre mon lit, illustration de Sandrine Bonini


Il se dit boulimique de lecture : passe du roman à l’album jeunesse, fait l’écart entre la science-fiction et l’essai. Martin Page jongle avec les livres, porte ouverte à la magie, à l’aventure et aux rencontres de personnages et donc de personnes. Il a publié à 25 ans son premier roman Comment je suis devenu stupide. Un livre qui a trouvé ses lecteurs rapidement et lui a permis de continuer à écrire.
A la question de savoir si on adopte une écriture différente quand on s’adresse aux enfants, Martin Page parle d’un glissement naturel de l’inconscient. Bien sûr, on se met à portée de mots mais sans appauvrir le vocabulaire. Il s’énerve des éditions jeunesse qui simplifient à outrance le langage et s’écartent de cet enrichissement par les mots.

Dans Le Traité sur les miroirs pour faire apparaître les dragons, Martin décrit, en point de départ à ce roman, une fulgurante et si brève histoire d’amour. Ce court roman réussit à rassembler des sujets émouvants et tristes comme le deuil d’une mère, la dépression d’un père et en faire un roman enlevé dont on ressort ébloui par la capacité des personnages à se sortir des situations les plus bancales. Il y a de l’humour (dans la description de la bande de copains, dans les poses empruntées par ses adolescents…) et de la poésie dans le regard amoureux du personnage et dans ses états d’âme. J’ai pris un réel plaisir à lire ce roman et pourtant loin de moi sont les heures des amours évanescentes.

Avec Sandrine Bonini aux dessins (merveille d’images à l’encre), Martin a imaginé le refus matinal d’un enfant à quitter son lit. « Mon lit c’est un monde ». Cet album est pile dans l’actualité saisonnière : il fait encore nuit à 8 heures, il pleut, il commence à faire froid. Et si on restait couché ? Plus d’uns se reconnaîtront, et pas seulement les plus petits d’entre nous, dans La Bataille contre mon lit. Ouvrez cet album et vous plongerez dans les vagues moelleuses d’une couette bien chaude dont on ne sort que pour une seule raison. Je vous laisse deviner laquelle.




image de Sandrine Bonini,
Le Zoo des légumes, avec Martin Page, album à paraître à l'école des loisirs, printemps 2013


Au printemps prochain, avec Le Zoo des légumes, dans la collection Neuf à l’école des loisirs, Martin Page nous racontera l’origine surprenante des légumes. Saviez-vous que les tomates et les carottes, avant de pousser dans les jardins, étaient des animaux ? La grand-mère de Sara a une imagination débordante et transmet à sa petite-fille, qui souhaite devenir végétarienne simplement pour embêter ses parents, une vision bien originale de l’évolution des légumes. Sans nul doute que les enfants porteront un regard différent sur la salade composée de la cantine.

Au Rouergue, dans la collection DoAdo, Martin Page publiera,  l’an prochain également,  une histoire qui ferra écho aux adolescents et leur offrira une vision décalée de la question : tu veux faire quoi dans la vie ? Plus tard je serai moi prend le contrepied des inquiétudes parentales en matière d’orientation. Séléna est encouragée par ses parents, et contre son gré, à suivre une formation artistique.

Avec Jean-Baptiste Bourgois, Martin Page a réalisé un album pour les moins de 10 ans sur les angoisses d’un enfant face à la mort de ses proches. Pour se défendre des pertes inévitables du deuil, cet enfant plein de ressources a trouvé  un moyen imparable pour faire face à l’absence : attacher sa famille et ses objets personnels avec des cordes. S’ancrer dans la vie, c’est accepter la perte, la plus douloureuse qui soit. Pas de date de parution pour ce livre que son auteur défend aujourd’hui auprès des maisons d’édition.

Plus d’infos, Martin Page.

Dernières parutions :
La Bataille contre mon lit avec Sandrine Bonini, Le Baron Perché, 2011
Le Traité sur les miroirs pour faire apparaître les dragons, Médium, l’école des loisirs, 2009
Le Club des inadaptés, Médium, l’école des loisirs, 2010

vendredi 2 décembre 2011

natalie tual




Ilya Green

Petite, elle voulait vivre autre chose qu’un quotidien de routine. Un accident l’a fermement convaincu de prendre le temps de faire des choses qu'elle aime. Natalie Tual chante, fait de la musique et joue sur scène.

Après les Beaux-Arts à Nantes, Natalie fait du théâtre à Montpellier. Elle monte un spectacle de chansons avec des reprises de Boris Vian puis interprète les tubes de Bobby Lapointe.
Ensuite, elle écrit son premier spectacle Les p’tites affaires (des chansons d'humour) avec quatre musiciens.

Natalie travaille pendant dix ans pour l'association Le Rire Médecin. Les improvisations qu’elle réalise chaque jour devant les enfants à l'hôpital lui apprennent beaucoup sur l'écriture. 
Elle sait aussi passer derrière le rideau et met en scène Les Matous (depuis 16 ans) et Les Bricolos (groupe orvaltais  qui parodient les tubes du répertoire français des années 1950 à 1980).

En 2009, elle réalise en tant qu'auteur compositeur un album ensoleillé Bulle et Bob à la plage, inspiré de ses vacances sur l’île d'Hoëdic. Deux enfants passent un après-midi au bord de l'océan : ils jouent à cache-cache dans les rochers, ramassent des galets et construisent le plus beau des châteaux. Une histoire rythmée de chansons douces et entrainantes qui ravivent les plus jeunes d’entre nous. Pour ma fille de 3 ans, son Galet c'est Le petit caillou de mon enfance (celui d'Yves Simon). « Galet rond, galet salé bien au chaud dans ma poche». Une mélodie pétillante qui résonne longtemps en nous.
L'album est illustré par Ilya Green qui a su capter en  détails les scènes de jeux d'eau et de sable et apporter une délicate beauté aux paysages littoraux.  Coquillages et herbes folles sont stylisés comme des petits bijoux.

L'année suivante, Natalie écrit un album où Bulle et Bob dans la cuisine préparent avec leur grand-mère Miette, qui n’est autre qu’Anne Sylvestre, des gâteaux.  Une expérience de joie et de tendresse. A noter également les partitions des chansons à la fin de l’album. « Quelle bonne idée, c’est ça ».

Deux autres albums de Bulle et Bob sont en préparation aujourd’hui. A l'automne 2012, Bulle et Bob préparent Noël en compagnie d'un violoncelliste et avec les sonorités d’un drôle d’instrument : le tapétophone (assemblage de tuyaux qui sonne grâce à une tapette à mouches). Au printemps 2013, avec un accompagnement de harpe celtique, on retrouvera Bulle et Bob  dans le jardin.

Natalie Tual vit à Nantes. Elle se régale des jeux de mots des enfants et note méticuleusement ceux de son fils et de sa fille.



Une chanson ?
Aux marches du palais.

Une histoire ?
Les Aristochats vu au cinéma. Je me souviens que cette année-là, je faisais de la danse et nous avions fait un spectacle en nous inspirant de ce dessin-animé.

Un jeu ?
Les poupées. J'y ai joué longtemps, jusqu'à dix ans au moins. Un jour avec mon amie Frédérique, on se promenait chacune avec nos landaus et nos poupées et on croise des copains de classe. On s'est vite éclipsées. On avait trop peur qu’ils racontent à l'école qu'on jouait encore à la poupée. 
Qu'est qu'on a couru !

Une gourmandise ?
Les chaussons aux pommes du pâtissier de la grand'rue de Muzillac.

Une peur ?
Les bruits dans le jardin, la nuit. Ma chambre avait un balcon qui donnait sur le jardin. J'avais une peur terrible que quelqu'un ou quelque chose entre ma chambre. C'était terrifiant.

Un rêve ?
Celui d'écrire des livres. D'avoir mon nom dans un livre.

Les albums de Natalie Tual sont disponibles chez Didier Jeunesse :
Bulle et Bob à la plage paru en 2009 et Bulle et Bob dans la cuisine édité en 2010.

Retrouvez Natalie pour une lecture de ses albums :
mercredi 7 décembre à 16h et 17h chez Durance
Renseignements et inscription au 02 40 47 88 91
mercredi 14 décembre à la Librairie des Machines de l'Ile à 16h.
Renseignements et inscription au 02 51 17 48 87
Et en scène avec  Bulle et Bob à la plage
Le mercredi 4 avril à 15h30 à Espace Culturel Capellia à La Chapelle-sur-Erdre
Renseignements et réservation au 02 40 7 2 97 58